LA POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT APPLIQUEE
PAR L’ALGERIE AU LENDEMAIN DE SON INDEPENDANCE

 

En réaction à la diffusion sur le réseau Internet de mon livre intitulé : « Pour rétablir certaines vérités sur treize mois à la tête du Gouvernement » (juillet 1992 – août 1993), certains commentateurs ont cru devoir m’interpeller sur la politique de développement de l’Algérie à laquelle j’avais été mêlé, comme on le sait, d’abord comme Délégué aux Affaires Economiques dans l’Exécutif Provisoire, puis en qualité de Président Directeur Général de la SONATRACH, enfin en tant que Ministre de l’Industrie et de l’Energie et Ministre des Industries Légères. C’est ainsi que ressurgit la litanie des « industries industrialisantes » « préconisées à l’Algérie par Gérard DESTANNE DE BERNIS », de « l’industrie lourde adoptée, conçue et construite  suivant le modèle soviétique », de « l’Agriculture sacrifiée au profit de l’industrie » et d’autres thèmes éculés de ce genre. Contrairement à ce qui a été dit par beaucoup de lecteurs ou de commentateurs de mon livre rappelé ci-dessus, ce livre ne constitue nullement « mes mémoires ». Ces mémoires restent à  écrire et je compte bien m’y consacrer enfin. En attendant, et pour permettre aux personnes de bonne foi animées du simple souci de s’informer sur le déroulement suivi dans le passé par les actions de développement de notre pays, il me paraît utile de mettre à la portée de tous un certain nombre de documents émanant des instances dont j’avais assumé la responsabilité. J’avais approuvé le contenu de tous ces documents ;  parfois, j’en avais effectué moi-même la rédaction en totalité ou partiellement, d’autres fois, je m’étais contenté d’inspirer cette rédaction ou de suivre personnellement sa mise au point. C’est dire que j’assume entièrement aujourd’hui la paternité de leurs contenus. Certains de leurs aspects ne sont plus de mode en ce moment ou sont dépassés par les évènements ; il n’en demeure pas moins que ces documents reflètent des préoccupations qui, bien que formulées depuis plusieurs années sinon quelques décennies, demeurent d’actualité. On peut y retrouver aussi la description de l’origine ou l’explication de bien des choses qui se passent actuellement dans notre pays et qui forment le germe de beaucoup des difficultés et des anxiétés que connaissent aujourd’hui les Algériens.

 

Comme indiqué ci-après, ces documents ont été regroupés sous quelques rubriques numérotées en chiffres romains, chaque rubrique se rapportant à un thème d’ensemble déterminé.

 I .  DOCUMENTS RELATIFS A LA POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT SUIVIE PAR L’ALGERIE, EN PARTICULIER SUR LE PLAN DE L’INDUSTRIALISATION. 

1°/  « Rapport sur les problèmes financiers de l’industrie socialiste »

-         Volume 1er : « Financement et structures financières de l’industrie socialiste »

-         Volume 2   : « Inflation et financement du développement »

. Première Partie : « les facteurs d’inflation en Algérie ». Précédée d’une note introductive  à la première partie.

                                                                                                                         

         

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On découvrira, à la lecture de ces deux volumes, les véritables origines de la politique de développement suivie par l’Algérie au lendemain son indépendance, notamment en matière d’industrialisation. Ces origines se situent dans les principes, les orientations et les objectifs fixés à la Révolution Algérienne par le programme de TRIPOLI adopté par le CNRA en mai 1962, programme confirmé par le Congrès du FLN en 1964, prolongé et amplifié ensuite par la Charte Nationale de 1976. L’industrialisation suivie par l’Algérie n’a été pensée et édictée que par les instances de la Révolution Algérienne. La définition de ses choix autant que la conception de sa finalité ne procèdent en aucune manière d’une source extérieure. En d’autres termes, contrairement aux idées sciemment répandues par des médias étrangers, en particulier en France, Gérard DESTANNE DE BERNIS n’a joué aucun rôle dans cette définition et cette conception. Notre industrialisation avait eu comme finalité de permettre à l’Algérie d’assurer par elle-même la gamme la plus large possible des approvisionnements de son économie et des besoins de sa population. Cependant, pour les nostalgiques de l’Algérie coloniale, si les Algériens pouvaient bien être d’intrépides « rebelles » sachant manipuler la kalachnikov, ils n’étaient pas capables de penser et de concevoir une politique cohérente de développement et surtout d’industrialisation. Cela ne pouvait leur provenir que de l’extérieur et, en particulier, de la part de ceux qui, par privilège de supériorité et par préjugé colonial, ne pouvaient être que leurs anciens dominateurs coloniaux. D’où la référence systématique à DE BERNIS  chaque fois que les médias français évoquent l’industrialisation en Algérie. Malheureusement beaucoup de journalistes algériens procèdent de la même façon.

 

 En tout état de cause, les nostalgiques de l’Algérie coloniale, qu’ils soient de droite ou de gauche, sont dans leur rôle naturel, quand ils tentent de contester à la Révolution Algérienne son essence même en tant que Révolution ou bien son aptitude à concevoir et à mener une politique de développement conforme aux besoins de notre peuple. Pour eux, il ne pouvait y avoir de vision objective des choses et même de rationalité qu’à partir de l’enseignement de l’ancien dominateur colonial. Par contre, que des Algériens qu’ils soient universitaires, chercheurs, journalistes ou simples particuliers, reprennent à leur compte les thèses par lesquelles les adversaires d’hier de la nation algérienne s’acharnent à dévaloriser la politique d’industrialisation dont s’était dotée l’Algérie pour sortir du sous-développement,  voilà qui suscite non seulement de la stupéfaction mais aussi et surtout de l’indignation ! Néanmoins, cela ne correspond qu’à l’aspect superficiel des choses ; car, en réalité, notre Révolution a aussi ses « négationnistes ». Ce sont d’abord les épigones issus de la filiation assimilationniste de naguère pour lesquels il ne peut exister de choix  utiles et rationnels que suivant les enseignements, pour ne pas dire les directives, de l’ancien colonisateur. Il y a ensuite les adeptes de l’ancien parti communiste, rejoints par les berbéristes séparatistes renégats de notre nationalisme et  pour qui il ne peut y avoir de Révolution sans conversion à la doctrine du matérialisme historique de MARX et ENGELS, comme il ne peut exister de construction du socialisme sans inféodation préalable au modèle marxiste-léniniste dont le label se trouvait à Moscou. Ces deux courants se sont agglutinés en une sorte d’alliance caractérisée par une hostilité systématique et négationniste envers la Révolution Algérienne : l’un des deux courants constitue le néo-assimilationnisme prolongeant le fait de même nature connu dans le passé ; l’autre représente une dérive du communisme local qui ne se console pas de n’avoir représenté jamais en Algérie que l’expression d’un mouvement extrêmement marginal rejeté par le peuple algérien. Aussi bien, pour l’un comme pour l’autre, ce que nous appelons notre Révolution n’a été qu’un enchaînement de règlements de comptes sanglants pendant

 

 

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notre lutte de libération nationale, enchaînement suivi après l’indépendance d’affrontements indéfinis pour la maîtrise du pouvoir, de la même manière qu’ils s’entendent pour tenter de réduire notre politique d’industrialisation à une succession d’actions irrationnelles télécommandées par l’étranger et se traduisant par une gabégie ruineuse sans aucun apport valable pour le pays. D’où leurs sarcasmes sur «les industries industrialisantes » inspirées par le néo-colonialisme incarné par Gérard DESTANNE DE BERNIS. Comme on le sait, ce dernier s’était contenté, dans un article de presse, de donner une définition selon ses vues à notre politique d’industrialisation. Pour nos négationnistes, cette politique n’avait pris de sens et même n’avait d’existence que depuis que Monsieur DE BERNIS en avait fait mention dans l’un de ses écrits. Pour autant, aucun de nos critiques n’indique quelles étaient ces «  industries industrialisantes »  dont nous avions entrepris à tort la réalisation sous l’inspiration de l’économiste français. Quelles étaient donc ces « industries industrialisantes » qui ne correspondraient pas aux besoins de l’Algérie et qui seraient autant d’échecs portés au passif de la gestion des années 1960 et 1970 ?

 

Cela étant précisé, ce qu’on appelle les « industries industrialisantes » n’étaient pas exclues des objectifs à terme de notre industrialisation, ce concept d’ « industries industrialisantes » étant entendu dans le sens de la fabrication des équipements entrant dans l’édification même des différentes industries. Mais elles n’avaient à aucun moment constitué la caractéristique fondamentale de notre industrialisation,  ni formé le contenu essentiel et prioritaire de sa réalisation. Par contre, notre industrialisation avait visé à faire ériger dans notre pays des industries intégrées, c’est-à-dire des industries devant aboutir à obtenir, totalement ou bien dans la plus large proportion possible, leurs approvisionnements en produits de base et en semi-produits à travers des échanges interindustriels se déroulant sur le sol national.

 L’essentiel du rapport cité dans cette rubrique n° I est consacré aux problèmes financiers. Il établit de manière claire et pratiquement d’une façon exhaustive les causes des déficits financiers endémiques qui caractérisaient la gestion des entreprises d’Etat, notamment celles relevant du secteur industriel. Le rapport porte l’accent, dans son analyse, sur les idées théoriques qui déterminent une conception rationnelle des équilibres financiers dans l’économie d’entreprise et, plus généralement, dans l’économie tout court. Le rapport relève aussi, avec une égale rigueur, les défaillances de gestion qui étaient imputables tant aux cadres qu’aux travailleurs de nos entreprises industrielles ; il dénonce également les difficultés que ces entreprises rencontraient dans leur fonctionnement de la part de leur environnement réglementaire et même institutionnel.

 

2°/  Copie d’une communication datée du 21 octobre 1978 transmise aux membres du Gouvernement par le Ministre des Finances concernant le financement des investissements planifiés des entreprises.

 

3° / Un ouvrage constituant, de la part du Ministère des Industries légères, les « Remarques et observations à propos de la note du Ministre des Finances sur le financement des investissements planifiés des entreprises ».

Dans ce texte de 329 pages, sont passées en revue les différentes causes des déficits financiers dont souffrait la gestion de nos entreprises industrielles. On y retrouve  également une esquisse des orientations suivies par notre politique d’industrialisation telles qu’elles découlaient des

 

 

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principes idéologiques définissant les choix de notre Révolution. A la différence du « rapport sur les problèmes financiers de l’industrie socialiste » axé davantage sur des concepts théoriques, l’ouvrage visé ci-dessus porte l’accent sur une analyse pratique et factuelle des multiples difficultés qui entravaient la gestion des entreprises industrielles, difficultés qui n’étaient pas, loin de là, le résultat d’une origine involontaire ; le plus souvent, elles procédaient d’agissements délibérément perpétrés de la part des personnes opérant à l’intérieur même du régime politique du pays et visant à saboter une politique dont ils n’avaient pas pu empêcher la réalisation.

 

4°/  « Note de présentation à propos des propositions du Ministère des Industries Légères pour le budget d’investissement 1978 »

 

5°/   « Note de présentation à propos des propositions du Ministère des Industries Légères pour le budget d’investissement 1979 ».

 

6°/ Copie de l’ouvrage intitulé : «  L’Industrialisation en Algérie : Echec ou Réussite ? Continuité, Infléchissement ou Renversement ? – Cherche-t-on à orienter la Direction Politique vers un changement de la politique économique ? – A qui un tel changement profiterait-il ? » 

 

La rédaction de cet ouvrage a été achevée au début de l’année 1980 ; le Président Chadli BENDJEDID, élu un an auparavant sur l’assurance de représenter personnellement la fidélité à BOUMEDIENE et sur l’engagement de garantir la continuité de la politique suivie par le Président disparu, s’apprêtait alors  à entamer le long processus par lequel il devait aboutir au démantèlement complet de l’héritage politique économique et social légué par son prédécesseur. Je reprenais dans cet ouvrage l’énoncé de toutes les entraves rencontrées par notre politique d’industrialisation ; mais, prenant parfaitement conscience du renversement de politique auquel s’apprêtait le Président CHADLI, je mettais l’accent sur le rappel des engagements pris dans le cadre de la Charte Nationale adoptée en 1976, Charte qui devait être oubliée, sinon reniée par ceux qui, du vivant du Président BOUMEDIENE, se présentaient comme ses défenseurs les plus empressés débordant d’ardeur et de zèle.

Annexées à cet ouvrage, se trouvent les copies :

 

-         de la lettre datée du 6 février 1980 par laquelle, en ma qualité de membre du Bureau Politique et de Président de la Commission des Affaires Economiques du Comité Central du FLN, j’avais envoyé l’ouvrage en question avec d’autres documents au Président BENDJEDID, l’invitant en tant que Secrétaire Général du FLN à les faire parvenir aux Membres du Bureau Politique et du Comité Central ;

-         de la lettre par laquelle, par le truchement de son Secrétaire Général, le Président BENDJEDID me faisait répondre que les documents que je lui avais adressés seraient distribués uniquement aux Membres du Bureau Politique et non à ceux du Comité Central. De ce fait, Chadli BENDJEDID interdisait même de saisir les membres du Comité Central, censés constituer la direction politique du pays,  de la position d’un membre du Bureau Politique sur l’un des aspects courants et essentiels de la politique de l’Algérie. Cette réponse de Monsieur Chadli BENDJEDID est une illustration éloquente de la pratique de la démocratie prônée par ce dernier qui, par ailleurs, tente de se faire passer pour le parangon de la réforme et de l’ouverture libérale en Algérie.

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7°/  Copie du volume I du document intitulé : « Bilan et perspectives des acquisitions de terrains pour l’implantation des projets industriels relevant de l’ensemble du secteur industrie et énergie pour la période 1962 - 1980 ».

 

Ce volume porte sur le rapport de présentation du document cité ci-dessus. Celui-ci avait été élaboré en réaction à une communication du Ministère de l’Agriculture prétendant que le secteur agricole avait perdu 250.000 ha de terres agricoles ou à vocation agricole au profit des autres secteurs des activités du pays et, en particulier, au bénéfice du secteur industriel dénoncé comme le principal responsable de la déficience de la production agricole en Algérie. Les chiffres et les statistiques cités dans ce bilan avaient fait justice des allégations formulées par le Ministère de l’Agriculture contre l’industrie.

 

La copie du volume I du bilan est accompagnée des copies :

-         de la lettre n° 223 CAB adressée en date du 23 mai 1978 au Président de la République pour lui présenter le rapport sur les acquisitions de terrains ;

-         de la note de présentation du bilan de ces acquisitions.

 

8°/ Copie d’une lettre que j’avais adressée en date du 4 janvier 1965 à la Société Sidérurgique Allemande PHOENIX-RHEINROHR-INTERNATIONAL. Elle montre que la politique industrielle de l’Algérie prenait forme dès les lendemains immédiats de notre indépendance nationale, dans le sillage du programme de TRIPOLI adopté par le CNRA du FLN en mai 1962 et de la Charte d’Alger adoptée par le Congrès du FLN en 1964.

 

9°/ Copie du discours prononcé le 19 mars 1966 à Arzew par le Président BOUMEDIENE à l’occasion de l’inauguration de la mise en service du troisième oléoduc algérien. Ce texte donne un aperçu des orientations qu’allait prendre notre politique d’industrialisation dans les années qui allaient suivre celle de cette inauguration.

 

10°/ Copie du discours prononcé le 20 mars 1966 à Haoud-El-Hamra par le Président BOUMEDIENE  à l’occasion du lancement des travaux de réalisation de la seconde tranche de l’oléoduc Haoud-El-Hamra – Arzew. On y retrouve déjà la définition des grandes lignes qu’allait suivre notre politique pétrolière nationale dans ce qui, à l’époque, se présentait comme l’avenir.

 

11°/ Texte d’une note rédigée en décembre 1965 à l’occasion de l’examen de la loi de finances pour 1966 et remise en mains propres au Président BOUMEDIENE.

 

Beaucoup des plumitifs qui étalent leur prose hargneuse sur ce qu’avait  été notre politique d’industrialisation au cours des décennies 1960 et 1970 me gratifient généralement du sobriquet « d’analphabète  économique » et souvent me présentent comme quelqu’un qui ne comprend rien à l’économie. Je livre aujourd’hui le texte de cette note écrite en décembre 1965. Je la destine  à ceux qui voudraient bien la lire et éventuellement réfléchir sur son contenu. Je recommanderais à ceux qui m’accorderaient l’avantage et l’honneur de prendre en compte cet écrit

 

 

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datant de plus de quarante ans de mettre en parallèle son contenu avec celui du programme de travail que j’avais établi pour mon Gouvernement en septembre 1992 ainsi qu’avec les idées dont ont retrouvera trace aussi bien dans le livre intitulé : « Pour rétablir certaines vérités sur treize mois à la tête du Gouvernement – juillet 1992, août 1993 » que dans certaines des annexes accompagnant ce livre. Je ne me sentirais en aucune manière diminué ni ravalé que l’on puisse constater non seulement que je ne comprends rien aux idées économiques dont se prévalent ceux qui prétendent me faire la petite leçon à ce sujet. Bien au contraire, je me réjouis, aujourd’hui que je suis loin de l’exercice de toute responsabilité, d’avoir ignoré les petites leçons de ceux qui, parfois avec une suffisance qui confine  à l’expression d’une imbécillité béate et débile, se croient fondés à énoncer sentencieusement les normes des idées et des choix qu’aurait dû et que devrait suivre notre politique de développement.

 

Je me félicite aujourd’hui de me retrouver en accord avec certaines des thèses défendues par un auteur tel que Joseph E. STIGLITZ, prix Nobel d’économie, ancien Chef du staff des conseillers économiques de la Maison Blanche aux USA et ancien économiste en chef et Vice-Président de la Banque Mondiale. Cela me dispense amplement de prêter la moindre portée aux stupides élucubrations d’un terne et ancien haut responsable de nos Finances. Tout le monde connaît maintenant les appréciations sévères tenues par Joseph E. STIGLITZ sur la politique désastreuse suivie par le FMI et la Banque Mondiale, notamment à travers les « ajustements structurels » imposés aux pays qui ont commis l’imprudence et  la faute de recourir à leur concours sous la forme  de ce que l’on a appelé le rééchelonnement de leur dette extérieure. Ai-je besoin d’ajouter qu’en ces temps où s’écroulent toutes les théories dont nous avaient abreuvés les tenants de l’économie capitaliste, je me délecte de la déconvenue et sans doute aussi du désarroi que ne manqueraient pas de ressentir ceux qui , chez nous, s’étaient faits leurs perroquets serviles dans le but de nous éblouir et de nous influencer en reprenant souvent à leur compte, des idées conçues et des théories formulées par d’autres c’est-à-dire par les maîtres à penser des économies dominantes du monde libéral.

 

On sait que, dans le sillage de la crise qui a ébranlé et bouleversé l’économie mondiale au cours des années 1930, les politiques dites de relance ou de redressement enclenchées pour surmonter les ruines et les convulsions  provoquées par cette crise, les responsables de tous les grands pays développés s’étaient décidés à recourir à l’intervention directe de l’Etat non seulement dans le fonctionnement de l’économie mais aussi et surtout dans la conduite des opérations majeures de cette économie. Cette intervention directe de l’Etat avait été perçue comme une entorse profonde et grave aux normes de l’économie de marché, vocable sous lequel on tente de dissimuler le système capitaliste. Les moyens et les mécanismes par lesquels s’était effectuée l’intervention de l’Etat dans la vie économique avaient été théorisés par les idées développées par l’économiste anglais John Maynard KEYNES. En réalité, ce dernier n’avait fait que conceptualiser des actions engagées par des hommes d’Etat tels que le Président ROOSEVELT aux Etats-Unis d’Amérique et le chancelier HITLER en Allemagne. Ces conceptions énoncées par KEYNES avaient continué à inspirer l’enseignement et la conduite de l’économie durant les années qui avaient suivi la fin de la deuxième guerre mondiale,  quand  il avait fallu, notamment en Europe, reconstruire les pays dévastés par la guerre et remettre en marche leurs économies sorties exsangues  des épreuves qui les avaient ravagées. Beaucoup de nos prétendus économistes, ressassaient alors mécaniquement les enseignements qui leur étaient servis dans les universités qu’ils fréquentaient ; ils  se gargarisaient souvent des pratiques et des performances du recours au « déficit systématique » dans la mise ai point et la gestion des finances de l’Etat en se prévalant des schémas théoriques, définis par KEYNES.

 

 

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En réalité, ce dernier n’avait fait que « mettre en musique » les décisions prises et les actions mises en œuvre par les responsables politiques des pays  d’abord touchés par la crise et ensuite éprouvés par les conséquences de la guerre mondiale. L’économiste bien connu John Kenneth  GALBRAITH, alors mobilisé dans l’armée américaine avait eu à instruire, dans le cadre du Procès de Nuremberg, le dossier de SCHACHT, le célèbre ministre des finances de HITLER. A l’examen de son dossier, GALBRAITH était arrivé à la constatation que le pauvre SCHACHT n’avait été que pour très peu dans les choix des moyens mis en œuvre par le chancelier du troisième reïch en vue de la relance de l’économie allemande ; ces choix et ces moyens lui avaient permis d’abord de réduire considérablement le chômage en Allemagne de créer des emplois par centaines de milliers et en conséquence  de gagner les élections qui avaient confirmé et consolidé son pouvoir. Ensuite, toujours grâce à ces choix et à ces moyens, il avait réussi  la mobilisation des ressources colossales qu’il avait réunies en vue de mener ses guerres et ses agressions contre les pays qu’il avait envahis, occupés et  dévastés. GALBRAITH avait mentionné et ironisé dans l’un de ses écrits que pendant que KEYNES faisait son cours à Oxford, HITLER montrait sur le terrain comment on faisait ; c’est l’aveu que ce sont les hommes d’action et non les « économistes » qui construisent les économies et les font vivre ; en cas de besoin, ce sont eux aussi qui en assument la survie et le redressement. Du reste, c’est bien ce qui ressurgit actuellement dans le monde capitaliste et notamment aux USA par suite de la crise qui vient de frapper à nouveau les pays à structures économiques fondées sur le libre jeu des marchés.

 

Dans une large mesure, ce fut de cette manière qu’avaient agi les hommes qui avaient pris en charge les destinées des pays qui s’étaient libérés de la domination coloniale. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, les milieux dirigeants de la bourgeoisie européenne se trouvaient politiquement très affaiblis en raison de leur comportement durant la période de l’occupation allemande. Ils s’étaient, dans une large mesure discrédités par la mollesse de leur résistance à l’invasion hitlérienne, quand ils ne s’étaient pas purement et simplement compromis par une collaboration parfois affichée ostensiblement avec l’occupant. Les mouvements  de résistance qui s’étaient dressés contre ce dernier étaient généralement issus  des couches populaires. De ce fait, ces couches avaient tenu une position déterminante dans  les pouvoirs instaurés  en Europe au lendemain de la libération de l’occupation allemande. Ces pouvoirs avaient édicté des systèmes économiques et sociaux reconnaissant aux travailleurs et aux couches déshéritées des avantages établis au détriment de ce que les classes possédantes considéraient comme leurs intérêts fondamentaux. Aussi, ces classes rêvaient-elles de la possibilité de prendre leur revanche et de saisir l’occasion qui leur permettrait de remettre en question toutes les dispositions en quoi elles voyaient d’abord une atteinte à leurs privilèges et un abaissement  de leur rang au sein de la société.

 

Cette occasion allait se présenter à la fin de la période des reconstructions entreprises après la guerre. A la fin des années 1960 et en particulier à partir du début des années 1970, d’autres idées commençaient à apparaître dans l’enseignement de l’économie et dans certains des écrits traitant des problèmes financiers de cette économie. Il s’agit des théories défendues par un autre professeur d’économie Milton FRIEDMAN, adversaire déclaré de KEYNES et de ses conceptions en matière de gestion de la monnaie. Comme on le sait maintenant, les théories de Milton FRIEDMAN finirent par s’imposer dans le monde occidental et devinrent la base des politiques économiques appliquées au monde entier, notamment à travers les fameux « ajustements structurels » conçus et imposés par le FMI et la Banque Mondiale. Les théories de Milton

 

 

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FRIEDMAN avaient commencé à émerger au grand jour vers la fin des années 1960 et au début de la décennie 1970. Cependant, elles n’étaient pas encore connues du grand public. Cela donnait l’occasion à certains de nos prétendus économistes et experts financiers de plancher devant nos responsables politiques comme si ces idées dont ils se faisaient les apôtres étaient le résultat de leurs propres réflexions alors qu’ils tentaient simplement de convertir leurs auditeurs aux conceptions par lesquelles dans le monde capitaliste les milieux de la droite enclenchèrent déjà leur offensive visant à la suppression de tous les acquis sociaux qui leur avaient été arrachés au sortir de la guerre mondiale. Cette offensive allait connaître toute son ampleur durant les années 1980 avec l’accession au pourvoir de Margaret TCHATCHER en Grande-Bretagne, de Ronald REAGAN aux USA et des partis de droite en France. Ces idées déployées contre les acquis sociaux dont bénéficiaient les salariés et les couches populaires dans les pays développés allaient dans le même sens que les conceptions servant à combattre et à discréditer les actions par lesquelles les pays anciennement colonisés s’efforçaient de s’émanciper des situations de dépendance léguées par la période de la domination impérialiste des pays dits développés. Beaucoup de nos prétendus économistes ressassant sans cesse l’enseignement de leurs maîtres de Paris, de Londres, de  Montréal ou de New York, se plaisaient à venir pérorer devant nos dirigeants politiques qu’ils tentaient ainsi d’impressionner et de convaincre de leur « science ».

 

A la lecture de la note rédigée en décembre 1965 sur la relance de notre économie et à la lumière du contenu des autres documents que je porte ainsi à l’attention de ceux qui voudraient  prendre connaissance de leur contenu, on pourra se rendre compte aisément que notre industrialisation a été en réalité une suite quasiment ininterrompue de controverses et de combats politiques qu’il avait fallu engager et soutenir tout au long des années durant lesquelles s’est déroulée cette industrialisation. Pour moi, les  données et les références prises en compte par la conduite de cette industrialisation se ramenaient toujours d’abord aux réalités caractérisant notre situation et ensuite aux choix fixés par notre Révolution en faveur de l’ensemble des catégories de notre population.

 

La crise qui vient d’éclater au niveau de l’économie mondiale dominée par les grands pays capitalistes va certainement rabattre le caquet aux prétendus économistes et experts qui, depuis des lustres, ne cessaient de nous harceler par leurs leçons sur les soi disantes lois universelles de l’économie et qui se croyaient fondés à énoncer des correctifs et des réformes visant à réparer les erreurs du passé et, en vérité, à servir les intérêts des groupes de prédateurs qui ont fini par s’emparer des leviers de notre économie.

 

Les affres qui terrifient en ce moment les dirigeants des pays développés à la recherche de solutions qui leur permettront de surmonter cette crise, leurs tendances même hésitantes de recourir, comme au cours des années 1930, à l’intervention de l’Etat dans le fonctionnement de l’économie, leurs tentations parfois non dissimulées de revenir au protectionnisme qui est la négation même de la mondialisation dans laquelle ils avaient voulu noyer des pays comme le nôtre, font justice aujourd’hui de toutes les attaques et des campagnes diffamatoires au moyens desquelles certains ont tenté de discréditer notre politique d’industrialisation avant de détruire ses réalisations. Au même titre que la lutte déployée hier en vue de parvenir à notre libération de la domination étrangère et de l’exploitation coloniale, l’action de développement de notre pays, d’édification de notre Etat et de la consolidation de notre cohésion sociale ne peut pas ne pas revêtir l’allure d’une autre forme de lutte, encore plus ardue à mener parce qu’il s’agit de réduire les forces émanant de groupes d’intérêts hostiles au bonheur de notre peuple.

 

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II. – DOCUMENTS CONCERNANT, D’UNE PART, LA POLITIQUE SALARIALE APPLIQUEE OU A APPLIQUER DANS LE SECTEUR INDUSTRIEL ET, D’AUTRE PART, LES METHODES A METTRE EN ŒUVRE EN VUE D’ELEVER LA PRODUCTIVITE DES ENTREPRISES INDUSTRIELLES ET DE PARVENIR A LEUR RENTABILISATION FINANCIERE. 

1°/  « La mise en œuvre d’une politique salariale, l’action à entreprendre pour promouvoir une politique de productivité, l’organisation de la gestion et les problèmes sous-jacents à l’ensemble de ces actions ».

 

2°/ Copie d’une circulaire envoyée aux entreprises sous tutelle du Ministère des Industries Légères et intitulée : « A propos du fonctionnement des entreprises et établissements sous tutelle et des mesures nécessaires pour le renforcement de leur capacité de gestion ».

 

3°/ Copie d’un document intitulé : « Programme de travaux portant sur l’amélioration, la conception et la mise en place de systèmes de gestion au sein des entreprises socialistes sous tutelle du Ministère des Industries Légères ». La copie de ce document est accompagnée des deux copies suivantes :

-         lettre au Président de la République, Président du Conseil de la Révolution datée du 30 décembre 1978, présentant au Chef de l’Etat le programme indiqué ci-dessus ;

-         une brochure de présentation de l’organisation allemande REFA, sous le titre : « ça c’est REFA ».

 4°/  Copie d’une note établie par la Commission des Affaires Economiques du Comité Central du FLN et intitulée : « Difficultés de mise en place des systèmes de gestion dans les entreprises socialistes ». 

5°/ Copie de la « Circulaire n° 43 – CAB du 3 octobre 1978 relative à l’intéressement des travailleurs aux résultats des entreprises socialistes pour l’exercice 1977. Reconduction de la circulaire présidentielle n° 1628 du 13 septembre 1977 ».

 

Tous les documents figurant dans cette rubrique portant le numéro II gravitent autour du problème de la productivité des entreprises industrielles ; ils mentionnent les difficultés rencontrées, les remèdes préconisés et les solutions intermédiaires envisagées avant de parvenir à la mise en place des systèmes et des méthodes permettant de parvenir à une productivité satisfaisante et si possible performante dans les entreprises considérées.

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III. -  DOCUMENTS CONCERNANT LA CONFERENCE DES CADRES DU MINISTERE DES INDUSTRIES LEGERES ORGANISEE LES 8 ET 9 MARS 1978 A BOUMERDES.

 

En prévision du Congrès de l’UGTA qui devait se tenir en 1978, une campagne commençait à se déployer contre le secteur des industries légères ; elle était plus ou moins orchestrée par des officines relevant de l’Exécutif du Parti FLN. En réaction à cette campagne, j’avais pris l’initiative de réunir en conférence à Boumerdès les cadres de l’ensemble du secteur relevant du Ministère des Industries Légères : cadres du Ministère, des entreprises et établissements placés sous sa tutelle, responsables élus des Assemblées de Travailleurs et dirigeants des Fédérations Syndicales couvrant les différentes branches du secteur. La tenue de cette conférence a donné lieu à l’élaboration des documents suivants :

 

1°/  Exposé introductif du Ministre à l’ouverture de la conférence.

2°/  Intervention du Ministre des Industries Légères à la clôture de la conférence.

3°/  Réflexion sur quelques thèmes économiques, financiers et sociaux évoqués au cours

       de cette conférence qui s’était transformée en un véritable séminaire sur tous les

       problèmes du secteur.

 

A l’occasion de cette conférence, les participants ont été informés de toutes les actions insidieuses qui, de l’intérieur même du système politique, tendaient à provoquer l’échec de l’action menée pour l’industrialisation de l’Algérie. La lecture des documents figurant sous cette rubrique n° III est édifiante et permet de comprendre beaucoup de faits survenus par la suite, c’est-à-dire depuis la disparition du Président BOUMEDIENE jusqu’à nos jours.

 

IV -   RECUEIL D’UN CERTAIN NOMBRE DE LETTRES, NOTES, CIRCULAIRES ET AUTRES TEXTES ENVOYES OU RECUS PAR LE MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DE L’ENERGIE, PUIS PAR LE MINISTERE DES INDUSTRIES LEGERES ENTRE 1967 ET 1979.

 

Certains des commentateurs qui ont réagi à la suite de la diffusion de mon livre sur ma présence à la tête du Gouvernement en 1992 – 1993 ont cru devoir noter que mes réactions surviennent toujours à postériori par rapport aux évènements. Beaucoup pensent, parfois sincèrement, que les critiques que je porte sur les entraves suscitées pour saboter notre industrialisation procèdent de l’intention de couvrir les erreurs commises dans la conduite de cette industrialisation. A la lecture des documents contenus dans le recueil figurant sous cette rubrique n° IV, on pourra se rendre compte que les problèmes ont été posés en leur temps et que les auteurs des actions nocives portées contre notre politique industrielle ont été dénoncés bien avant les controverses survenues après la disparition du Président BOUMEDIENE.

 V. -  LETTRE N° 99 CAB ADRESSEE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SECRETAIRE GENERAL DU PARTI FLN. 

Par cette lettre et saisissant l’occasion de la deuxième session du Comité Central issu du IV ème Congrès du FLN qui avait désigné Chadli BENDJEDID comme candidat unique à la Présidence de la République, j’avais posé le problème du fonctionnement des institutions du pays, en même temps que je demandais l’ouverture d’un débat sur la politique de développement de l’Algérie. Je dénonçais également les tendances qui commençaient à se dessiner pour modifier cette politique et pour l’éloigner des principes fixés par la Charte Nationale de 1976, principes confirmés par les résolutions du IV ème Congrès du FLN tenu après le décès du Président BOUMEDIENE.

 

 

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 VI. -  COPIE D’UN DOCUMENT PORTANT SUR LES COMMENTAIRES ET OBSERVATIONS DU MINISTERE DES INDUSTRIES LEGERES SUR LE PROJET DE TEXTE PRESENTE PAR LE MINISTERE DES FINANCES ET RELATIF A LA CREATION D’UNE INSPECTION GENERALE DES FINANCES. 

Il s’agit d’un texte qui, en partant de l’analyse et de la critique du projet du Ministère des Finances visant à la création d’une Inspection Générale des Finances, pose le problème de ce que l’on a appelé et que l’on ne cesse d’appeler la chasse aux sorcières au détriment des cadres qui servent l’Etat. En outre, à travers l’examen de la question du contrôle, le texte en arrive à poser le problème de la corruption et des grandes escroqueries auxquelles se livrent certains groupes ou individus  privés aux dépens des intérêts de l’Etat. Bien que rédigé en 1978 à l’intention du Président BOUMEDIENE qui n’a pu en prendre connaissance en raison de la maladie qui devait l’emporter, ce texte demeure d’actualité par quelques-uns de ses aspects. Il montre, comme d’autres documents cités plus haut, que les positions que j’avance encore pour la défense du secteur d’Etat ne datent pas d’aujourd’hui.

 VII. -  LE CONTRAT SONATRACH – EL PASO CONCLU EN 1969 POUR LA VENTE DE GAZ NATUREL LIQUEFIE (GNL) ALGERIEN AUX ETATS-UNIS D’AMERIQUE. 

Certains commentateurs de mon livre diffusé sur mon blog ont cru devoir affirmer que ce qu’ils  appellent  « l’affaire du contrat SONATRACH EL PASO » comporterait des préjudices causés à l’Algérie et couvrirait des aspects scandaleux que je chercherais à cacher. Ces commentateurs qui ne sont, en réalité, que des calomniateurs ajoutent que j’évitais volontairement de parler de cette prétendue affaire par crainte pour moi d’être éclaboussé par les révélations gênantes qui risqueraient d’en sortir à mon détriment.

 

Aussi, suis-je amené à dire de la façon la plus claire et la plus solennelle que je défie quiconque prétendrait, au sujet de ce que l’on veut appeler « l’affaire du contrat SONATRACH – EL PASO », détenir des informations mettant en cause mon intégrité et ma loyauté envers l’Etat ou bien comportant un prétendu préjudice porté aux intérêts de l’Algérie, de les révéler et de les porter à la connaissance de tous.

 

Pour ma part, je livre à l’attention de tous ceux qui désireraient s’informer sur cette question des documents que les autorités concernées à l’époque, c’est-à-dire le Président Chadli BENDJEDID et certains de ses ministres, avaient voulu soustraire à la connaissance de l’opinion nationale et de tous ceux qui étaient intéressés à faire éclater la vérité :

 

1°/ Mémoire au sujet du contrat de vente de GNL  par l’entreprise nationale SONATRACH à la société américaine EL PASO (mars 1980).

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2°/   Note aux  membres du Comité Central sur le contrat SONATRACH – EL PASO et sur certains faits subséquents. (mars 1980).

 

3°/ Lettre n° 88 CAB datée du 27 avril 1980 au Président de la République Secrétaire Général du Parti FLN pour lui transmettre les deux documents mentionnés ci-dessus et lui faire part des éléments essentiels de cette affaire, en soulignant le caractère mensonger des affirmations par lesquelles l’individu, à qui il avait confié le Ministère de l’Energie et des Industries Pétrochimiques, avait tenté de rabaisser la valeur du contrat signé avec la Société américaine  EL PASO en 1969 et de dénigrer ceux qui l’avaient négocié, conclu et approuvé.

 

4°/  Copie d’une note intitulée : « à propos du mode de règlement des litiges dans le contrat GNL  SONATRACH –EL PASO » pour répondre aux calomnies du Ministre de l’Energie et des Industries Pétrochimiques de l’époque prétendant que le contrat conclu en 1969 avec la Société EL PASO livre l’Algérie sur le plan juridique à la merci de la société américaine.

 

5°/  Copie d’une note datée du 11 novembre 1969 retraçant des informations recueillies sur les manœuvres déployées à l’époque par certains milieux pétroliers français pour mettre en échec le contrat conclu entre SONATRACH  et EL PASO.

 

6°/  Copie d’une lettre datée du 14 juin 1980 adressée à Monsieur le Président de la Commission d’enquête de l’Assemblée Populaire Nationale.

A la suite des prétendues révélations du Ministre de l’Energie et des Industries Pétrochimiques au cours de sa déclaration du 20 mai 1979, le Gouvernement avait été interpellé au sujet de cette affaire par des députés à l’Assemblée Populaire Nationale. Le Gouvernement avait attendu très longtemps et mis beaucoup de mauvaise volonté pour répondre à cette interpellation. L’auteur des affirmations calomnieuses du 20 mai 1979 craignait manifestement d’être acculé à reconnaître que ses accusations ne reposaient sur aucun fondement. Finalement,  le Gouvernement se décida à répondre à l’interpellation dont il avait été l’objet ;  les débats ouverts à cet effet se conclurent par la désignation d’une commission d’enquête. Consulté par le regretté Rabah BITAT, qui assumait à l’époque la présidence de l’APN, je lui avais suggéré de faire désigner une commission d’enquête qui aurait à examiner toutes les données du problème artificiellement suscité en vue de ternir la gestion du Président BOUMEDIENE.

 

Quand l’Assemblée Populaire Nationale avait discuté les conclusions de sa commission d’enquête, le Gouvernement avait demandé le huis-clos, de sorte que le public n’avait pu prendre connaissance de ces conclusions. La justification de ce huis-clos, où mes anciens collaborateurs et moi étions les « suspects » sinon les « accusés », était qu’il fallait éviter de porter atteinte à l’autorité et à la crédibilité du Président de la République par l’effet des difficultés qu’éprouverait son ministre de l’énergie face aux députés.

 

7°/ Copie d’une lettre portant le numéro 69 et datée du 10 mars 1980 que j’avais adressée au Président de la République au sujet de la révélation par la commission de surveillance de la Bourse de NEW-YORK  d’une nouvelle affaire de commission versée à des intermédiaires à propos de contrats passés avec des entreprises algériennes, parmi lesquelles SONATRACH. N’ayant pas trouvé dans cette affaire de quoi me mettre en cause avec les anciens dirigeants de la SONATRACH, le Président de la République avait préféré l’étouffer, alors que les autorités

 

 

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américaines avaient mis à la disposition du Gouvernement Algérien tous les éléments de preuve lui permettant de récupérer les fonds subtilisés indûment à l’Algérie et de poursuivre en justice en Algérie et aux Etats-Unis les coupables de l’escroquerie commise au détriment de nos intérêts. Il s’agit là d’un fait qu’ignorent aussi bien  ceux qui prétendent détenir des informations compromettantes sur ce qu’ils appellent les affaires « EL PASO » ou « CHEMICO » que ceux qui s’adonnent très souvent à publier des articles ou des ouvrages sur les questions relatives à la corruption en Algérie.

 

La vérité sur cette question du contrat passé en 1969 entre la SONATRACH et la société américaine EL PASO  repose sur des faits d’une évidence incontestable qui est tout simplement la suivante :

-         L’accusation formulée le 20 mai 1979 par le Ministre de l’Energie et des Industries Pétrochimiques déclarant que le contrat signé en 1969 avec EL PASO avait fait perdre à l’Algérie environ 250 millions de dollars est purement fantaisiste. Elle ne pouvait être étayée par aucun fait concret et vérifiable. Elle n’était rien d’autre qu’une calomnie visant au dénigrement de la politique suivie par l’Algérie sur le plan de la valorisation de ses hydrocarbures.

-         Quand bien même le contrat signé en 1969 avec EL PASO aurait accordé à la société américaine un cadeau de 250 millions de dollars, son existence n’en constituait pas moins une acquisition précieuse pour l’Algérie. Ceux qui, par leurs agissements, avaient abouti à le faire annuler avaient provoqué, au détriment de l’Algérie, un manque à gagner annuel de près de un milliard de dollars US à la fin de la décennie 1980, malgré la baisse intervenue alors dans les prix du pétrole sur lesquels était indexé le prix du GNL livré à la société américaine. Cumulé avec l’effet de l’annulation du contrat de même nature passé avec l’Allemagne Fédérale, ce manque à gagner se montait à la fin de la même décennie 1980, annuellement à près de deux milliards de dollars et, globalement pour toute la durée des années 1980, à trente milliards de dollars, c’est-à-dire un montant supérieur à la dette laissée à la charge du pays par le Président Chadli BENDJEDID au moment où il dût quitter ses fonctions à la tête de l’Etat sous la pression de l’hostilité populaire consécutive à sa politique anti-nationale. Là, se situe le vrai scandale que les contempteurs et prétendus dénonciateurs des choix économiques erronés des années 1960 et 1970 font semblant de ne pas connaître. Il s’agit d’un véritable attentat perpétré contre les intérêts nationaux. Aucun de nos critiques zélés n’en parle. Il est vrai que ces critiques agissent non sur la base de données véridiques et vérifiables, mais en se fondant sur leurs préjugés haineux envers notre Révolution nationaliste, préjugés conjugués avec les idées préconçues dérivées de leurs ressentiments néo-assimilationnistes avérés.

-         La bataille prétendument engagée en vue d’obtenir l’alignement du prix du gaz naturel sur celui du pétrole brut s’était terminée par un fiasco que l’on avait caché à notre opinion nationale, y compris son aspect ridicule qui aurait conduit l’Algérie à livrer son gaz naturel gratuitement à ses clients quand le prix du pétrole brut descendait au-dessous d’un certain seuil.

 

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VIII. -  LA POLITIQUE PETROLIERE DE L’ALGERIE 

En prévision de la livraison d’un ouvrage sur la genèse et le développement de la politique de l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures mise en oeuvre dès le lendemain de la restauration de notre souveraineté nationale, voici quelques documents qui constituent autant de jalons sur la voie du lancement et de l’évolution de notre politique pétrolière et gazière :

 

1°/  Copie de la lettre datée du 5 octobre 1963 par laquelle les deux sociétés pétrolières qui détenaient la concession d’exploitation sur notre gisement de Hassi-R’Mel demandaient à notre Gouvernement de donner son agrément à la construction d’un gazoduc reliant Hassi-R’Mel à l’Europe à travers le Maroc et le Détroit de Gibraltar. Cette lettre avait été remise au Président BEN BELLA le 29 novembre 1963 par Monsieur Pierre GUILLAUMAT, alors président de la société pétrolière française d’Etat.

 

2°/  Copie du mémorandum sur le problème des hydrocarbures remis le 29 novembre 1963 à Monsieur Pierre GUILLAUMAT  par le Président BEN BELLA  à l’intention du Général DE GAULLE  Président de la République Française. Ce mémorandum posait le problème de la révision de ce que l’on appelait les clauses pétrolières des Accords d’Evian. La copie du texte du mémorandum est accompagnée de celle de la note verbale de la Présidence de la République Algérienne à la Présidence de la République Française pour la transmission du mémorandum en question.

 

3°/  Copie de la réponse datée du 16 décembre 1963 du Gouvernement français au mémorandum algérien. Le Gouvernement français accepte d’ouvrir avec le Gouvernement algérien des négociations sur la coopération entre les deux pays dans le domaine des hydrocarbures. Moins de deux ans après la date de signature des Accords d’Evian, une année et demie à peine après la proclamation de notre indépendance, un pan entier et non des moindres des Accords d’Evian était remis sur le tapis et l’Algérie s’engageait sur la voie de son émancipation totale dans le domaine vital de la valorisation de ses ressources en hydrocarbures.

 

4°/  Copie de l’aide-mémoire algérien sur la mise en valeur des hydrocarbures sahariens, aide-mémoire transmis au Gouvernement français à la suite de l’ouverture à Alger des négociations algéro-françaises sur les hydrocarbures.

 

5°/   Copie du discours prononcé par le Président BEN BELLA  le 27 septembre 1964 à Arzew.

 

6°/  Copie du discours prononcé par le Président BEN BELLA  le 28 septembre 1964 à Laghouat. Le Président de la République Algérienne y trace les grandes lignes et les objectifs de la politique que l’Algérie redevenue indépendante entendait suivre en matière pétrolière.

 

7°/ Copie d’une note que j’avais élaborée fin 1963 à l’intention du Président BEN BELLA  pour la promotion d’une politique pétrolière nationale.

 

8°/ Copie d’un plan d’action pour faire assurer des appuis à notre politique pétrolière ; ce plan a été élaboré à l’occasion de la tenue d’un Sommet, qui semblait être le premier, de la Ligue Arabe à Alexandrie en Egypte en septembre 1964.

 

9°/ Copie d’une note sur la première mission effectuée aux Etats-Unis d’Amérique en octobre 1964 par la direction de la SONATRACH.

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10°/  Copie d’un compte-rendu sur la mission effectuée en octobre 1964 aux Etats-Unis par la Direction de la SONATRACH.

 

11°/ Copie d’une note directives remise à Monsieur GHOZALI  à l’occasion d’une mission qu’il accomplit aux Etats-Unis en novembre 1965 avant son installation à la tête de la direction de la SONATRACH.

 

12°/  Copie du mémoire sur la révision de la fiscalité pétrolière applicable aux sociétés concessionnaires françaises à la veille de l’ouverture en 1969 des négociations avec le Gouvernement français sur cette révision.

 

13°/  Copie de la proposition du Gouvernement français pour le règlement de la fiscalité pétrolière, proposition formulée en juin 1970 après 8 mois de négociations.

 

14°/  Copie de l’aide-mémoire sur l’état de la coopération algéro-française en matière d’hydrocarbures établi en 1970 à l’occasion de la révision des accords pétroliers algéro-français signés en  juillet 1965.

 

15°/ Copie d’un document établi à l’intention exclusive du Président BOUMEDIENE  et sur sa demande sur la stratégie et les objectifs de notre politique pétrolière. Texte rédigé au moment de l’ouverture en août 1970 des négociations entre les gouvernements algérien et français sur la révision des accords conclus entre les deux pays en juillet 1965.

 

IX. -  Copie d’une note rédigée en 1978 à l’intention du Président BOUMEDIENE  intitulée : « Pour un réaménagement des structures de nos exploitations agricoles ». Elle avait pour objet d’amorcer une réflexion pour tenter de remédier à certaines insuffisances de la Révolution Agraire et pour donner à notre agriculture des structures stables susceptibles de relancer son activité productrice. Elle a été remise au Président Chadli BENDJEDID  après son élection à la magistrature suprême du pays, de même qu’elle a été soumise à la discussion du Comité Central du FLN  à la fin de l’année 1979.

 X.- DIRECTIVES MINISTERIELLES DONNEES A DES ENTREPRISES NATIONALES COUVRANT CERTAINS DOMAINES D’ACTIVITES DU SECTEUR INDUSTRIE ET ENERGIE. 

Aux tous débuts de notre politique d’industrialisation, l’ensemble des entreprises abordaient, dans leurs activités, un terrain pratiquement vierge. Les directives qui leur étaient données procédaient généralement de l’impulsion en vue d’affronter la réalité rencontrée sur ce terrain.  Vers le milieu des années 1970, après les nationalisations et le lancement de nos premiers projets d’investissements industriels, nos entreprises rencontraient de plus en plus l’épreuve de la confrontation avec les réalités existantes sur le terrain de leurs activités. Un échange fécond et approfondi entre le Ministère de tutelle et les directions des entreprises devenait nécessaire avant de déterminer les orientations et les objectifs à

 

 

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assigner à ces directions pour la conduite des opérations diverses dont elles avaient la charge. Aussi, avait-on mis en œuvre des rencontres entre le Ministre assisté de ses collaborateurs au sein de l’administration dite de tutelle et les directeurs généraux des entreprises engagées dans l’action de production et des multiples activités liées à cette production. Ces directeurs généraux étaient  accompagnés des cadres de leurs entreprises et parfois des responsables syndicaux représentant l’ensemble de leurs travailleurs. A l’issue de ces rencontres et tenant compte des informations recueillies, des difficultés signalées et des possibilités repérées, des directives étaient élaborées et communiquées aux entreprises concernées qui disposaient, de la sorte, d’un programme de travail servant de guide à leur action. Cette expérience avait commencé à se concrétiser avec trois entreprises nationales : la SN METAL, la SONAREM et la Division Hydrocarbures de la SONATRACH. Avec cette dernière et uniquement par sa division hydrocarbures qui couvre toutes  ses activités de prospection, de production et de transport du pétrole, du gaz,  des condensats et des GPL, il a été organisé pas moins de 160 réunions rassemblant de nombreux cadres de cette division et du Ministère.

   1°/ Directives destinées au secteur minier éditées en janvier 1976

    2°/ Directives destinées à la SN METAL éditées en mars 1977

    3°/ Directives destinées à la Division Hydrocarbures de la SONATRACH mises au

         point en avril 1977.

 

XI. -   DOCUMENTS CONCERNANT MA MISSION COMME CONSEILLER AUPRES DU PRESIDENT DU GPRA EN SEPTEMBRE – OCTOBRE 1961.

 

1°/  Copie d’un texte intitulé : « suggestions pour la relance de l’activité politique », notamment en ce qui concerne la relance des négociations engagées avec le Gouvernement français.

 

2°/  Copies des journaux « LE MONDE » de Paris daté du 26.10.1961 et « La Presse » de Tunis daté du 28.10.1961 donnant le texte intégral de la déclaration du Président du GPRA prononcé à Tunis le 24 octobre 1961. Les deux journaux font également une revue des réactions suscitées, notamment du côté français, par les idées avancées par le Président BENKHEDDA au nom du GPRA.

 

XII. -  Document rédigé sur l’UGEMA à l’occasion de la célébration le 29 juin 2005 à Tlemcen du cinquantième anniversaire de sa création.

  

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 Tous les documents figurant sous les rubriques ci-dessus numérotées de I à XI sont déposés aux Archives Nationales. Ils peuvent y être consultés selon les modalités fixées par la Direction des Archives Nationales.                                                              

Alger, le 10 octobre 2007

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