LA REPONSE AU JOURNAL « EL WATAN »

 

 

 

Le Général TOUATI, dans l’édition du quotidien « LE SOIR D’ALGERIE » datée du 30 juillet 2007 déverse sur ma personne à longueur de colonnes des imprécations et de prétendues appréciations de valeur pour répondre au contenu du livre que j’ai fait diffuser sur Internet sous le titre « POUR RETABLIR CERTAINES VERITES SUR TREIZE MOIS A LA TETE DU GOUVERNEMENT (JUILLET 1992 – AOUT 1993) ». Comme lors de l’interview qu’il avait accordée le 27 septembre 2001 au quotidien « EL WATAN », il procède par affirmations successives sans donner la moindre référence concrète à l’appui de ses dires, alors que, tout au long de mon ouvrage, je ne cesse de l’inviter à fournir les faits étayant ses allégations. Ce faisant, du reste, comme certains des commentateurs qui ont réagi à mon livre pour soutenir le Général TOUATI, celui-ci passe complètement sous silence les annexes accompagnant mon livre. Pourtant, il s’agit de copies de documents authentiques dont l’existence ne peut être contestée. Il préfère, comme au temps où il se croyait représenter le « mokh » de notre ANP, procéder par affirmation et par jugement de valeur, s’estimant être une autorité s’imposant par elle-même à ceux qui lisent ou entendent ses appréciations et à qui il n’est permis d’autre issue que de les croire et de les prendre d’emblée comme des vérités établies et indiscutables. Aussi, ma réponse évitera dans toute la mesure du possible de répliquer aux imprécations du Général TOUATI et de prendre en considération ce qu’il avance sous la forme de jugements de valeur émanant de son « autorité ».

 

De son côté, le Général NEZZAR vole au secours de celui dont il avait fait le « mokh » de l’ANP et, sans doute aussi, son propre « mokh ». L’intervention de l’ancien Ministre de la Défense Nationale révèle, à ma grande déconvenue, un aspect de son personnage que je ne lui connaissais pas. En effet, je découvre à travers les affirmations contenues dans ce que la presse présente comme la mise au point du Général NEZZAR, que l’ancien patron de l’ANP est devenu un affabulateur patenté et, peut-être l’était-il même au moment où il assumait une responsabilité qui faisait de lui le maître absolu du destin de notre pays. Le journal « EL WATAN », en présentant le texte du Général NEZZAR, l’accompagne d’un commentaire qui en fait l’éloge et lui donne le caractère d’un document irréfutable et percutant réduisant à néant mon livre dont il prétend réfuter le contenu. Le commentateur présentateur d’EL WATAN écrit que : « usant d’un langage serein et responsable, le Général Major corrige, rectifie, rappelle et rafraîchit la mémoire de Mr. ABDESSELAM sur le moindre détail de cette période, notamment le processus décisionnel ayant mené au rééchelonnement de la dette auprès du FMI ». Il ajoute : « Khaled NEZZAR s’appesantit sur le HCE et dément point par point les déclarations de Bélaïd ABDESSELAM à propos de cette institution ». Le malheureux présentateur du journal « EL WATAN, emporté sans doute par la phobie qu’il nourrit à mon encontre et ravi, peut être aussi, d’avoir trouvé l’occasion de se payer une inattendue délectation à mes dépens, ne se rend pas compte qu’il commet le faux pas de se laisser prendre à avaliser les divagations d’un homme dont les palinodies ont …/…

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…/… malheureusement défrayé la chronique de notre vie politique, depuis qu’il a quitté les hautes responsabilités par lesquelles il avait tenu en mains le sort de notre peuple pendant une partie de la période la plus sombre et la plus tragique de notre histoire. Qui ne se souvient des déclarations par lesquelles un jour il affirmait une chose et le lendemain son contraire ? Le Général NEZZAR et son présentateur d’EL WATAN au même titre que le Général TOUATI semblent plutôt vouloir ignorer allègrement que mon livre est accompagné de 52 annexes reproduisant des documents authentiques ne datant pas d’aujourd’hui, n’ayant aucune liaison avec ce que certains présentent comme ma tentative de justifier l’échec de mon Gouvernement. Ces annexes constituent des preuves appuyant de manière irréfutable beaucoup des arguments essentiels invoqués dans mon livre.

 

Par ailleurs, dans la même édition du journal « EL WATAN » qui publie la mise au point du Général NEZZAR un autre commentateur de ce journal croit pouvoir écrire que, dans l’entretien accordé à son journal, je reconnais publiquement l’imputation par mes déductions personnelles au Général TOUATI de l’origine de l’information diffusée en janvier 1993 par « EL WATAN « concernant l’assassinat de quatre gendarmes à Kas-El-Hirane près de Laghouat. Sur sa lancée, ce commentateur empressé affirme tout bonnement que ce fut, donc, sur « simple déduction » qu’on pouvait envoyer en prison sans autre forme de procès des journalistes que la justice a, par ailleurs, acquittés « plus tard ». En écrivant « sur simple déduction » dans la suite d’un texte où il fait référence à mes « déductions personnelles », il conduit clairement ses lecteurs à comprendre que je fus l’instigateur de l’emprisonnement des journalistes de son journal. De la sorte, il passe complètement sous silence que, dans le texte même de mon livre, je cite les raisons qui m’avaient amené à penser que le Général TOUATI était impliqué dans la révélation de l’information portant sur l’assassinat des gendarmes de Laghouat à Ksar-El-Hirane ; autrement dit, je n’avais pas attendu l’entretien obtenu de moi par son journal pour avertir le lecteur du raisonnement qui m’a conduit à situer par déduction l’origine de l’information dont le journal « EL WATAN » avait fait la manchette de la première page de son édition du 2 janvier 1993. Toujours dans la lancée de son commentaire on ne peut plus tendancieux, ce journaliste d’« EL WATAN » s’abstient volontairement et insidieusement de rappeler à ses lecteurs que ce fut à l’initiative de la Direction Centrale de notre Gendarmerie Nationale et non du Chef du Gouvernement que ses collègues journalistes avaient été arrêtés, emprisonnés et inculpés en janvier 1993 ; leur inculpation faisait suite à une procédure déclenchée à leur encontre à la suite d’une action de la Gendarmerie avant d’aboutir à leur acquittement des années plus tard, c’est-à-dire, en l’an 2000 comme l’indique l’annexe n° 39 de mon livre. Cet acquittement était intervenu dans un contexte entièrement nouveau marqué par l’avènement de la « Rahma » décidée à l’initiative du Président ZEROUAL et de la Concorde Nationale qui devait faire suite à l’élection du Président BOUTEFLIKA à la magistrature suprême du pays. Il est vrai que pour ce commentateur d’EL WATAN, qui est l’un des journalistes visés par la procédure en question, il paraît moins risqué de me mettre en cause personnellement que de s’en prendre au corps de la Gendarmerie, ou bien au Parquet d’Alger qui s’était saisi de l’affaire en janvier 1993. Il revient, donc aujourd’hui, sur cette affaire en écrivant, non sur la base de ce qu’il aurait dû apprendre de manière objective par la lecture de mon livre, mais en se laissant guider uniquement par ses sentiments fielleux de dépit et de haine à mon égard. Je ne sollicite ni son indulgence, ni sa complaisance dont je n’ai aucunement besoin. Mais, comme commentateur d’un journal qui prétend se situer parmi les plus sérieux ou bien disons le plus sérieux de nos quotidiens, aurait-il dû au moins manifester un minimum de respect et d’attitude objective à l’égard de ses lecteurs. C’est peut être trop lui demander.

 

Alger, le 15 août 2007

 

Bélaïd ABDESSELAM

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